L'heure est grave, aux vues des crises que traverse la France actuellement, le peuple a besoin de représentants dignes et investis dans un projet global réminiscent. Nous, provinciaux, avons besoin de reconnaissance et que des gens exposent au plus grand nombre le panel de nos problèmes quotidiens.
C'est pour ça qu'aujourd'hui, je vous propose une musique contestataire, sans retenue, certes, elle choquera les oreilles les plus sensibles, mais elle aidera sans doute les autorités à mettre le doigt sur une situation qui ne peut plus durer.
Le morceau n'est pas récent, il date de 1991, mais demeure à jamais actuel, il s'agit de :
Et oui le Rap des Musclés, tout de suite le clip, et l'analyse en temps réel qui s'en suit, des messages d'espoir, d'insurrection, des débats d'idées, une chanson plus riche qu'il n'y paraît.
0 à 10'' : Le ton est donné, le milieu rural est représenté, à peine caricaturé, bleu de travail, polos ternes et bérets, la rage gronde dans les chaumières, doigts vindicatifs et lancers de laitue. Les Musclés imposent un style sans faille, les choses ne seront plus jamais pareilles.
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10'' Ã 20'' :
C'est pas parce qu'on est né dans un village défavorisé
Qu'il faut considérer qu'on n'a pas le droit de s'amuser
Toi mon frère
Toi ma sœur
Toi mon frère
Toi ma sœur
Le postulat de départ est posé, Les Musclés précurseurs avant l'heure évoquent le douloureux problème des Apéros Facebook en province, Framboisier s'en prend directement au gouvernement en place en brandissant fièrement son poireau, objet contondant s'il en est.
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20'' Ã 24'' :
Surtout toi ma sœur vient avec nous faire la nouba-ba-ba
Framboisier, fidèle à lui-même, n'arrivant pas à se concentrer sur le côté purement politique de la chose, se laisse aller à quelques déviances personnelles, cherchant par l'occasion à se rapprocher de la gente féminine, qui le lui rend bien.
Nota Bene :Â
- Rémi qui utilise une Carotte en guise de microphone
- Le terme Nouba que l'on avait pas entendu depuis... heu...c'est bien là le problème.
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24'' Ã 28'' :

Tiens mais c'est Ginette
À cheval sur sa mobylette
Viens par ici ma poulette
Encore des allusions graveleuses, sur le fait que si, par inadvertance, il y avait moyen de se pécho une 'tite agricultrice pas dégueulasse et motorisée de surcroît, et bah la bande des Musclés serait pas contre, L'Amour est dans le pré-riprisente !
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28'' Ã 38'' :
Ah te voilà toi, yo yo !
Ah te voilà toi, yo yo !
Où t'étais passé ?
Dans quel néant t'étais-tu enfoncé ?
Le refrain dans toute sa beauté, où comment résumer la pensée nihiliste en deux phrases, la négation de l'être, le marasme ambiant, bref, court, concis, Les Musclés ont l'art et la manière de synthétiser les choses.
Nota Bene : Le ton vindicatif de Bernard Minet et de feu Papy René, on a l'impression de se faire engueuler pour être rentré trop tard un soir de 18 juillet 1993 alors qu'on jouait simplement à la console avec un pote, et j'avais complètement zappé l'heure, jusqu'au moment où...pardon. Je m'égare.
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38'' Ã 52'' :
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La lalala itou itou i
La lalala itou tou tou
Outre le fait que rythmiquement, cette partie soit bancale comme un morceau de Dream Theater en 19/16, nous retrouvons Eric aka notre tyrolien préféré dans son rôle qui l'a popularisé, mais ce dernier est bien triste, et ça se ressent, finis les yoddle joyeux et sautillants de la
Merguez Party (
et des dizaines d'autres chansons des Musclés), non, il subit de plein fouet le plan d'austérité en vigueur, et l'affaire Polanski le mine au plus profond de ses alpages.
Poste Radio-K7, mine déconfite, gestuelle nonchalante, doigt accusateur non vraiment il ne va pas fort notre gai-luron tyrolien.
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53'' Ã 1'07'' :
M'sieur l'maire a décidé qu'il fallait s'amuser
Alors amuse-toi, n'aie pas peur la force est sur toi
Petit passage instrumental, parties de scratchs grandiloquentes, jeunes qui s'ébattent joyeusement dans le foin, vache impassible, la frontière entre zoophilie et camaraderie franche et virile est bien mince. Toujours est-il que Les Musclés nous envoient un gros clin d'œil dans la face en reprenant une phrase issue de la Fête au Village, un de leur plus grand hit. Pour le reste... allusion à Star Wars... on ne sait pas trop.
Nota Bene : C'est fou tout ce qu'on peut faire avec des cageots de légumes, monter une barricade devient un jeu d'enfants.
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1'08'' Ã 1'12'' :
Danse nue, jette tes vêtements
Non pas les garçons, les filles seulement
Rien ne va plus, même Rémi, le plus impassible des Musclés laisse exploser sa libido avec un ton qu'on avait pas l'habitude de lui connaître, trop grande promiscuité avec la gente masculine, il tient à mettre les choses au clair, allez hop tout le monde à poil dans le foin qui gratte !
Nota Bene :
- Regardez bien, Rémi en bon contestataire effectue de la main un signe qui rappellera des choses au bon metalleux qui se respecte.
- Je crois que ces paroles sont mes préférées de la chanson.
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1'12'' Ã 1'30'' :
Toi mon frère
Toi ma sœur
Surtout toi ma sœur viens avec nous faire la nouba
Ah te voilà toi, yo yo !
Ah te voilà toi, yo yo !
Où t'étais passé ?
Dans quel néant t'étais-tu enfoncé ?
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Alors que revoilà le refrain, rien à signaler de particulier, la rage est toujours bien présente dans les regards et les gestes virulents des interprètes, d'ailleurs je commence à avoir un peu peur.
Nota Bene :
- 1'17 : Rémi :"Font chier avec leur cageots là , chuis obligé de tout virer maintenant"
- 1'30 : Concentrez vous sur Bernard Minet, dès qu'il finit sa phrase, il fait un petit tourniquet de toute beauté.
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1'30'' Ã 1'45'' :
La lalala itou itou i
La lalala itou tou tou
La lalala itou tou tou
Eric en est tout retourné (ahah), tant d'émotions, il ne s'en remet pas, l'affaire Zahia, les tableaux volés, non mais dans quel monde vit-on ?!!! Laissez notre tyrolien en paix. (Sans compter le retour du Juste prix qui ne l'a pas aidé à valoriser son image de tyrolien rigolard)
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1'45'' Ã 2'02'' :
Une petite accalmie, nappe de synthés pink floydienne, progression d'accords bien sentie, on se prépare pour la fin de chanson (oui je sais il reste une minute trente).
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2'02'' Ã 2'10'' :
C'est pas parce qu'on est né dans un village défavorisé
Qu'il faut considérer qu'on n'a pas le droit de s'amuser
Oh oui, c'est ben vrai
Oh oui, c'est ben vrai
Les fourches sont de sortie, en bon chouan qui se respecte, je dis oui, un grand oui, oui au retour de l'instrument traditionnel pour la culture des champs, non aux pesticides qui rendent le citadin malade, reprenons nos râteaux et nos outils en bois pour cultiver nos hectares céréaliers (Ca me rappelle qu'il faudra que je m'acquitte bientôt de la dime et la gabelle que je n'ai toujours pas versé au châtelain).
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2'10'' Ã 2'17'' :
C'est pas parce que les riches ont de l'argent
Qu'il faut que les pauvres n'aient pas d'argent
Les pauvres ont aussi le droit d'être riches
Et les filles de nous embrasser
Les Musclés, Robins des Bois des temps modernes ? Ca a l'air, en tout cas, beaucoup plus crédible que Russel "Velu" Crow. Enfin, jusqu'au moment où Rémi, lancé dans une argumentation développée et bien construite sur la répartition du capital, se voit interrompu par ses deux pervers de confrères, ramenant tout, encore une fois, aux filles et aux débordements salivaires.
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2'22 jusqu' Ã la fin :
Ne m'en voulez pas si je craque, mais les effets spéciaux ont eu ma peau; plans saccadés, samples superposés, mouvements épileptiques, j'en ai vomi mon Benco. Et quand je vois qu'il en reste près d'une minute, je préfère m'arrêter là tout de suite, je tiens trop à ma santé.
Nota Bene :
- Les bruits de laser, je savais bien qu'il y avait des références à Star Wars, Vindiou !
- La carotte et le poireau de Framboisier : Métaphore légumière de la faucille et du marteau ? Vous avez 3 heures.
Ps : Et c'est là qu'on se dit que Mc Circulaire et ses dealers de mogettes n'a rien inventé avec son rap vendéen, Les Musclés avaient su voir loin, très loin, près de 15 ans plus tôt. A tout jamais ils garderont leur statut de précurseur dans le milieu du rap agricole. Yo Yo ! (bras croisés et bérets vissés)