16 février 2011

Il est des mélodies frustrantes.
Ouaip. Celle qui vient est un habile mélange de joie nostalgique et de frustration profonde.
L'objet du délit, c'est ça :
 



Tous les dimanches soirs pendant presque 20 ans, TF1, la diabolique, proposait ses 2 films, tentations bien compréhensibles pour l'enfant plein de curiosité. Dès que le générique de Ciné Dimanche retentissait, on se pelotonnait sous la couette (en tout bien tout honneur, non mais je sais pas ça sonnait bizarre dans votre esprit pervers), bien préparé pour l'ultime soir du week-end avant de reprendre une nouvelle semaine pleine de cours zet de cour.
La caméra, les néons, les extraits des films sur fond de pellicule vieillotte, tous les détails oubliés ressurgissent du passé pour vous propulser devant la télé des parents, un écran cathodique de 52 cm aux formes généreuses surplombant un magnétoscope en plastique noir et massif, la VHS mode longue durée débordant de sa gueule béante.
Ô joie, 20h45, l'heure du premier film !

http://www.petrif.fr/images/16102009/TF1logo1987.png

MAIS. Et oui, comme dans toutes les bonnes histoires (enfin les histoires correctes, 'fin passable quoi, bref des histoires quoi), il y a toujours un MAIS. Le même générique retentissant une heure et demi plus tard n'avait plus du tout la même saveur. Au revoir, caméra charmeuse, néons aguicheurs, place à la frustration. Le même générique séparant de manière tellement distincte, la première partie de soirée de la seconde, il n'en avait pas fallu plus pour que des milliers de parents de toute sorte fassent de ce générique merveilleux, la frontière infranchissable entre le second film et "l'heure d'aller se coucher pour être en forme demain à l'école/collège/fac de droit"


Venait alors l'âpre moment des négociations, "juste le début, pour voir", "je commence plus tard demain", "j'ai fini mon mou de veau", "ta mère suce des huttes en Enfer" sont autant d'arguments que l'on plaçait vainement dans l'espoir de gruger l'autorité parentale et grapiller de précieuses minutes de film. (à noter que le dernier argument donné en exemple, n'a apparemment jamais eu gain de cause, bien au contraire, curieux...)


Voilà, aujourd'hui on se tope un peu tout et n'importe quoi, tantôt un film, tantôt des épisodes random des Experts, où est la frontière hein, je vous le demande, en rajoutant 14 pages de publicité, en morcelant les programmes, en otant les repères de la bouche des enfants, c'est comme ça qu'on créé une génération de Justin "Bridou" Bieber. Moi je vous le dis, le peuple a besoin de choses claires et précises, des séparations nettes et distinctes, des murs, de hauts murs en brique solide et barbelé qui luisent haut dans le ciel de l'EST et qui...

...pardon je m'emporte, non mais bon, on nous promettait 2 films sinon Rien, et bah maintenant c'est Rien.

Commentaires

Par Tote le 16 février 2011
Tu as le chic pour me faire lire des articles sur des trucs tote-allemand flous pour mon cerveau. Je n'ai absolument aucun souvenir de ça et de ce générique.

Oui en 1990 j'avais 1 an et je ne regardais certainement pas TF1, oui.

N'empêche avant je regardais la télé et maintenant plus du tout. Ça veut bien dire ce que ça veut dire !!
(Ah, on me dit dans l'oreillette que j'ai fait l'acquisition d'un ordinateur entre temps...)
Par atom-of-the-end le 16 février 2011
Mais comment il est trop bon cet article. A croire qu'on a tous vécu des existences similaires, rythmées par les interdits arbitraires d'une poignée de gardiens de prison qui, si c'était pour passer leur temps à les envoyer au lit, n'avait qu'à pas faire de gosses s'ils voulaient être tranquille et se peloter en deuxième partie de soirée le dimanche.

Sinon, le passage de la description du cathodique de 52cm jusqu'au magnétoscope est juste magnifique , en plus d'être un vibrant témoignage du passé.

Est-il utile de préciser que j'adore tout particulièrement la fin de cet article : Cette envolée lyrique toute teutonique qui prône la séparation des individus (et leur confinement dans un environnement épanouissant, bien que métallique et pointu, c'est que du bonheur.
Comme quoi, en chaque bloggeur, il y'a un petit être totalitaire qui sommeille, et ça, c'est beau.
Par Lucy-Westenra le 16 février 2011
Il y avait aussi celui du mardi soir mais il était fort moins fun que celui du dimanche.

Aaaah ma vieille télévision sans télécommande à touches en forme de porte d'entrée à numérotation verte sur fond noir et La Cinq intégrée s'en souvient peut-être encore.

C'est fini c'temps là.
Par Tote le 16 février 2011
Par allegrement le 23 février 2011
Je suis malade, fatiguée et j'ai faim, autant dire que je suis très fragile mentalement à cet instant précis et là, tu étais à deux doigts de m'arracher une larme avec ce générique, mon dieu, mon dieu !
Par la bête le 25 février 2011
pas besoin de ciné dimanche pour ré-entendre ce méga groovy morceau puisqu'il est gravé dans la pierre !

in the stone - EWF

http://www.youtube.com/watch?v=Ymfr7HrirOI
 









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