Cet article n'est pas drôle, il traite d'égoisme, alors fuyez.
De ce jour de l'année 2001 où je vis la bande-annonce de Donnie Darko, ma seule envie fut de voir ce film le plus tôt possible. Chose qui n'est pas aisée quand le seul cinéma de votre petite ville se contente de diffuser les films de Christian Clavier. Bref il me fallut patienter plus d'un an, et commander un DVD dont je ne connaissais rien si ce n'est les 2 minutes que j'avais entrevues sur Canal +. Je me réservais une précieuse après-midi dans le noir pour me délecter de, ce qui je l'espérais, serait un moment de pur plaisir.[...] Le générique finissant, j'étais abattu, ce film avait provoqué tant de choses en moi, j'en étais bouleversé, je restais prostré dans mon fauteuil devant les coups de couteaux du menu. Je venais d'en faire faire mon film préféré. Ce fut le début des ennuis.
Au début, cela intriguait, Donnie Darko... non je connais pas, bizarre, c'est quoi ? Raconter l'histoire d'un adolescent atteint de schizophrénie ayant pour meilleur ami un lapin géant n'était pas évident, mieux valait le voir, mon DVD fit donc le tour de mes connaissances, n'y trouvant pas vraiment l'accueil souhaité... mais quelque part c'était rassurant, car c'est là que je veux en venir...
En effet, c'était un plaisir égoïste que de connaître ce film si particulier, encore mystérieux pour beaucoup. Le fait que les quelques personnes à qui je l'ai prêté n'aient pas apprécié plus que ça, me laissait l'illusion d'être le seul à avoir ressenti réellement ce qu'était ce film, le message (pour peu que les gens fassent l'effort d'en trouver un), l'atmosphère, le personnage, les musiques... cela m'était propre.
Puis vint mes premières visites blogulaires à droite à gauche, sur des sites aujourd'hui peu fréquentables, et là le drame... des gens, des jeunes de surcroît, plus jeunes que moi, parlaient de ce film, de MON film... comment pouvaient-ils comprendre EUX!! Abusant et rabusant de lapin géant, de réacteurs et de Mad World... tout ça sur fond bariolé, ce film underground au départ semblait être devenu un nouveau point de ralliement pour adolescents prépubères (oui à l'époque j'étais virulent et exclusif). Ce film et surtout sa musique si intime au départ était exposés à la vue de tous.
Car s'il y a bien quelque chose qui me remua, ce fut ce magique Mad World repris des Tears for Fears, et transcendé par Gary Jules, ce morceau, si cynique, si triste, si nostalgique, empreint de notes si fragiles, décrivant des moments de solitude si réels, de rêverie si dense... les superlatifs n'y suffisent plus, et ne contriburaient qu'à lui oter sa simplicité originelle. Le voir ainsi proposé en libre écoute, sans ce qu'il y avait autour, au départ, sans cette atmosphère me semblait abérrant
Le point d'orgue fut l'utilisation de ce morceau pour une récente campagne de publicité, à la première vue de celle-ci, ou à l'écoute devrais-je dire... j'ai eu l'impression que tout ce qui avait été si personnel, si propre à moi même, à mon ressenti par rapport au film, était exposé au grand public. Exposé à des gens qui ne méritaient pas tant de beauté. Exposé à des gens qui ne comprendraient pas. C'est d'un pur égoisme, je le conçois. M'obliger à partager ce morceau avec des milliers d'individus qui, entre deux tranches de jambon sous cellophane, tendront l'oreille pour ne saisir que deux notes puériles mais sublimées par leur ensemble, me frustre au plus haut point.
Bien sûr, je m'en suis remis, bien sûr je suis prêt à partager ce film avec qui sera assez ouvert pour le comprendre et le savourer sans trop poser de question, il n'en demeure pas moins, qu'il restera pour longtemps je pense, une claque cinématographique comme rarement j'ai pu en prendre. (et là j'ai conscience que cette dernière phrase fait très cliché, et me renvoie dans la peau de David - 12 ans donne son avis sur des films qu il aime)
En même temps le but avoué n'était pas de faire un résumé/critique du film, mais plutôt de vous faire part de ce côté égoiste que l'on a tous par rapport à ce qu'on l'on aime, vouloir faire partager, tout en gardant précieusement le caractère sacré et intime de la chose.

Concernant le film:
- Elle en parle très bien.
- Il en parle aussi avec simplicité mais passion.
- Il en a parlé ici et ici... par allusion, mais ce film lui tient à cœur également.
- Vous en avez peut être parlé aussi, mais je ne le sais pas.
Evidemment en bande-son il aurait été facile de mettre le morceau incriminé ci-dessus, mais si je suis ma logique de parfait malandrin, ce morceau est trop personnel pour vous en faire profiter (et surtout vous le trouverez sans difficulté). Vous n'avez qu'à voir le film après tout, après vous l'écouterez autant de fois que vous le voulez. :)
A la place un autre morceau extrait du film, illustrant une scène grandiose. (et puis ça change non?)
De ce jour de l'année 2001 où je vis la bande-annonce de Donnie Darko, ma seule envie fut de voir ce film le plus tôt possible. Chose qui n'est pas aisée quand le seul cinéma de votre petite ville se contente de diffuser les films de Christian Clavier. Bref il me fallut patienter plus d'un an, et commander un DVD dont je ne connaissais rien si ce n'est les 2 minutes que j'avais entrevues sur Canal +. Je me réservais une précieuse après-midi dans le noir pour me délecter de, ce qui je l'espérais, serait un moment de pur plaisir.[...] Le générique finissant, j'étais abattu, ce film avait provoqué tant de choses en moi, j'en étais bouleversé, je restais prostré dans mon fauteuil devant les coups de couteaux du menu. Je venais d'en faire faire mon film préféré. Ce fut le début des ennuis.
Au début, cela intriguait, Donnie Darko... non je connais pas, bizarre, c'est quoi ? Raconter l'histoire d'un adolescent atteint de schizophrénie ayant pour meilleur ami un lapin géant n'était pas évident, mieux valait le voir, mon DVD fit donc le tour de mes connaissances, n'y trouvant pas vraiment l'accueil souhaité... mais quelque part c'était rassurant, car c'est là que je veux en venir...
En effet, c'était un plaisir égoïste que de connaître ce film si particulier, encore mystérieux pour beaucoup. Le fait que les quelques personnes à qui je l'ai prêté n'aient pas apprécié plus que ça, me laissait l'illusion d'être le seul à avoir ressenti réellement ce qu'était ce film, le message (pour peu que les gens fassent l'effort d'en trouver un), l'atmosphère, le personnage, les musiques... cela m'était propre.
Puis vint mes premières visites blogulaires à droite à gauche, sur des sites aujourd'hui peu fréquentables, et là le drame... des gens, des jeunes de surcroît, plus jeunes que moi, parlaient de ce film, de MON film... comment pouvaient-ils comprendre EUX!! Abusant et rabusant de lapin géant, de réacteurs et de Mad World... tout ça sur fond bariolé, ce film underground au départ semblait être devenu un nouveau point de ralliement pour adolescents prépubères (oui à l'époque j'étais virulent et exclusif). Ce film et surtout sa musique si intime au départ était exposés à la vue de tous.
Car s'il y a bien quelque chose qui me remua, ce fut ce magique Mad World repris des Tears for Fears, et transcendé par Gary Jules, ce morceau, si cynique, si triste, si nostalgique, empreint de notes si fragiles, décrivant des moments de solitude si réels, de rêverie si dense... les superlatifs n'y suffisent plus, et ne contriburaient qu'à lui oter sa simplicité originelle. Le voir ainsi proposé en libre écoute, sans ce qu'il y avait autour, au départ, sans cette atmosphère me semblait abérrant
Le point d'orgue fut l'utilisation de ce morceau pour une récente campagne de publicité, à la première vue de celle-ci, ou à l'écoute devrais-je dire... j'ai eu l'impression que tout ce qui avait été si personnel, si propre à moi même, à mon ressenti par rapport au film, était exposé au grand public. Exposé à des gens qui ne méritaient pas tant de beauté. Exposé à des gens qui ne comprendraient pas. C'est d'un pur égoisme, je le conçois. M'obliger à partager ce morceau avec des milliers d'individus qui, entre deux tranches de jambon sous cellophane, tendront l'oreille pour ne saisir que deux notes puériles mais sublimées par leur ensemble, me frustre au plus haut point.
Bien sûr, je m'en suis remis, bien sûr je suis prêt à partager ce film avec qui sera assez ouvert pour le comprendre et le savourer sans trop poser de question, il n'en demeure pas moins, qu'il restera pour longtemps je pense, une claque cinématographique comme rarement j'ai pu en prendre. (et là j'ai conscience que cette dernière phrase fait très cliché, et me renvoie dans la peau de David - 12 ans donne son avis sur des films qu il aime)
En même temps le but avoué n'était pas de faire un résumé/critique du film, mais plutôt de vous faire part de ce côté égoiste que l'on a tous par rapport à ce qu'on l'on aime, vouloir faire partager, tout en gardant précieusement le caractère sacré et intime de la chose.

- Elle en parle très bien.
- Il en parle aussi avec simplicité mais passion.
- Il en a parlé ici et ici... par allusion, mais ce film lui tient à cœur également.
- Vous en avez peut être parlé aussi, mais je ne le sais pas.
Evidemment en bande-son il aurait été facile de mettre le morceau incriminé ci-dessus, mais si je suis ma logique de parfait malandrin, ce morceau est trop personnel pour vous en faire profiter (et surtout vous le trouverez sans difficulté). Vous n'avez qu'à voir le film après tout, après vous l'écouterez autant de fois que vous le voulez. :)
A la place un autre morceau extrait du film, illustrant une scène grandiose. (et puis ça change non?)
The Church (Donnie Darko BO) - Under the Milky Way Tonight -
Ps : Et dire que je m'étais couché il y a une heure, et que je me suis relevé pour coucher tout ça par écrit...















































cela dit ça fait plusieurs fois que j'en entend parler... je vais voir ça...