01 mai 2011

http://www.petrif.fr/images/6/rubberquentindupieux-copie-1.jpgRUBBER, c'est le genre de film OVNI dont t'entends parler brièvement d'une oreille des mois avant sa sortie, qui t'interpelle, que tu oublies mais qui reste ancré dans un coin de ta mémoire jusqu'au jour tant attendu de sa sortie. Jour durant lequel, seuls quelques media obscurs oseront le mentionner dans leur liste de sorties hebdomadaires, tant le film est... curieux, original, différent (Think PEPSI)


Car oui le scénario de Rubber est original, pour faire bref, le film retrace l'aventure d'un pneu qui prend vie en plein désert américain. Et, comme si cela ne suffisait pas, ce pneu est doté de pouvoir télékinésiques, à savoir qu'en se concentrant très fort il peut tuer des êtres vivants à distance en les faisant imploser. PAF. Ca fait un peu road-movie, le pneu se ballade, parcourt des paysages magnifiques et se met à suivre une fille, fille qui semble avoir tapé dans l'œil de notre héros caoutchouteux, héros qui se fait lui-même poursuivre par une patrouille de police pour ses méfaits.


Voilà pour les grandes lignes de l'histoire, parce qu'à côté de ça, il y a plein d'idées assez amusantes et bien trouvées. Le postulat de base déjà. Le film s'ouvre sur un monologue (qui à mon avis est déjà culte) louant le "no reason", une énumération de situations et de faits conclus à chaque fois par "il n'y a pas de raison". Au moins c'est clair, il ne faudra pas chercher qui a mis le pneu là, pourquoi il est vivant, d'où sortent ses pouvoirs. Les choses étant mises au point dès l'introduction, le spectateur a donc le choix, accepter les faits qui vont suivre tels quels sans chercher une quelconque bribe d'explication (ce qui confère au réalisateur une certaine liberté d'action) ou bah quitter la salle, éteindre le film et reprendre une activité normale. On ne vous piège pas, on vous prévient dès le début, on est pas là pour expliquer quoi que ce soit.


le fameux monologue de début de film


D'ailleurs en parlant des spectateurs, ceux-ci sont matérialisés dans le film. En effet, ce fameux monologue est adressé à un groupe de personnes très hétéroclite (les teenage blondes, le père et son fils, les spécialistes du cinéma), personnes elles-mêmes postées au sommet d'une colline et qui équipées de jumelles peuvent assister aux aventures du pneu en même temps que nous, téléspectateurs moyens (enfin surtout vous, et toc) Ceux-ci commentent, s'amusent, s'étonnent, en voyant les réactions du pneu, exactement comme nous confortablement avachis dans notre canapé. La frontière entre film et réalité et donc assez mince, l'histoire du pneu est-elle vraie ou assiste-t-on à un film dans le film ? Les protagonistes sont-ils des acteurs (non mais bien sûr ce sont des acteurs, je veux dire des acteurs qui jouent le rôle d'acteurs ou des acteurs qui jouent le rôle de flic et consorts ?) C'est cette gymnastique mentale qui fait l'intérêt du film.

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D'ailleurs c'est surprenant comme on ne se laisse plus surprendre au bout d'une dizaine de minutes, voir un pneu qui se douche, voir un pneu qui mate une fille au bord d'une piscine, voir une pneu qui dort dans un lit et qui y laisse... des traces de pneu. Tout est cohérent, tout se tient, oui le pneu est vivant pourquoi n'en serait-il pas ainsi ? C'est une évidence. 
 

Bien sûr il faut avoir l'esprit un peu ouvert aux choses étranges, aux films qui sortent du schéma classique mais pour ma part c'est ça que je recherche, donc si vous voulez passer 1h20 en vous laissant porter par de sublimes paysages (oui j'ai oublié de dire que chaque scène est d'une propreté impeccable, les plans sont vraiment bien trouvés et léchés, rien que pour la leçon de cadrage et de lumière ça vaut le coup), assister à une histoire improbable emplie de scènes toutes aussi invraisemblables, RUBBER, film caoutchouteux est fait pour vous.



Ps : Déjà que je devais faire partie des rares à avoir aimé STEACK, je persiste et je signe dans le fait de trouver dans l'œuvre de Quentin Dupieux quelque chose de frais et d'agréable (pour le coup on dirait une mauvaise pub pour du Pulco Citron)

Commentaires

Par Distantwaves le 01 mai 2011
Il est vrai que le monologue vaut le coup d'oeil !
Par atom-of-the-end le 01 mai 2011
Très sceptique sur le film, présenté comme ça, bah ça m'a donné l'envie de voir ce que ça donne.

Y'a intérêt que ça me plaise sinon je te jette des pneus.
Par photographe-perdu le 01 mai 2011
Tu as l'air d'aimer ça, et pas qu'un pneu.
Vrai que j'avais entendu parlé sans le voir, du coup je vais m'y mettre.
Par PetrifiedEyes le 02 mai 2011
Bah si t'aimes les films curieux qui prennent leur temps, ceci est pour toi, Seal of Quality.
Par PetrifiedEyes le 02 mai 2011
Vas y donc !
 









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